Documents anciens

Historique de la maison d’horlogerie Omega


1848: A La Chaux-de-Fonds, Louis Brandt fonde à 23 ans un « comptoir d’établissage ».
1880: Un an après la mort de leur père, Louis-Paul et son frère César Brandt s’établissent à Bienne, où ils transforment leur entreprise en manufacture. Ils lancent leurs premiers calibres réalisés par procédés mécaniques, notamment sous marque Gurzelen, puis (1885) Labrador.
1889: Avec un effectif de 600 personnes et une production de 100’000 pièces par année, l’entreprise est déjà la plus grande de l’horlogerie suisse.
1903: Décès des frères Brandt. La succession est reprise par leurs quatre fils, dont le plus âgé, Paul-Emile Brandt, n’a même pas 24 ans. Celui-ci va exercer un règne quasiment sans partage durant un demi-siècle sur les destinées de la manufacture.
1930: La Grande Crise amène Omega à fusionner avec la manufacture locloise Tissot au sein de la SSIH – Société suisse pour l’industrie horlogère, qui absorbera Lémania, à la Vallée de Joux, en 1932. Les chronographes et compteurs de cette dernière complèteront utilement les montres de précision Omega et les articles « civils » (moyen de gamme) de Tissot.
1958: Président SSIH depuis 1955, Joseph Reiser prend la direction d’Omega. Après Marc Favre (1955), le groupe acquerra Rayville/Blancpain (1961), Lanco (1965) et Aetos (1969).
1970: Sous l’impulsion de Pierre Waltz, SSIH ne cesse de croître et de se multiplier, notamment en rachetant le roskopfier Economic Swiss Time Holding et l’américaine Hamilton en 1971 ou en créant de nombreuses filiales, comme SSIH Management Services (1971) et SSIH Equipment (1975).

usine louis Brandt
Avec une cinquantaine de sociétés, une production de 13,5 millions de pièces, un chiffre d’affaires de plus de 700 millions de francs et un effectif de 7300 personnes, elle est au début des années septante le No 1 suisse et le No 3 mondial de la montre terminée.
1981: Touchée de plein fouet par la crise monétaire et la brutale récession des années 1975 à 1980, la SSIH doit être sauvée par les banques. Scénario identique, un an plus tard, pour l’autre géant de l’horlogerie suisse, l’ASUAG, fabricant d’ébauches No 1 et propriétaire, notamment, des marques Longines, Rado et (dès 1982) Swatch.
1983: Après assainissement financier et restructuration en profondeur, essentiellement par une concentration radicale de toutes leurs activités industrielles (recherche, développement et production) sous le seul et même toit de l’entreprise ETA à Granges, les deux groupes sont fusionnés pour donner naissance au holding ASUAG-SSIH.
1985: Celui-ci est repris par un groupe d’investisseurs privés placés sous la conduite du stratège inspiré de ces grandes manœuvres, Nicolas Hayek, qui en devient le grand patron. Rebaptisé la même année SMH -Société suisse de microélectronique et d’horlogerie, il va très rapidement renouer avec une croissance et une prospérité des plus vigoureuses pour se hisser au rang de première compagnie horlogère du monde! 1998: La SMH est rebaptisée The Swatch Group. 2003: Nick Hayek succède à son père à la direction opérationnelle du Swatch Goup.

Qu’est ce que le poinçon de Geneve ?

ORIGINE ET BUT DU CONTROLE DES MONTRES

Au commencement du XVIIème siècle, l’horlogerie étant devenue, à Genève, une industrie prospère, les horlogers prirent la décision de se grouper.

Ils se constituèrent en jurande (1601) et dressèrent des statuts. Dès lors, le métier fut organisé.
Il fallait au jeune artisan au moins cinq années d’apprentissage pour devenir compagnon; puis, après un stage de 1 à 4 ans, il avait le droit de prétendre à la maîtrise. S’il en était jugé digne par le corps des horlogers, il était admis à exécuter un « chef d’oeuvre ».

Les règlements sévères de la maîtrise genevoise eurent pour résultat d’obtenir, dans le travail, la perfection qui a fait la réputation mondiale de notre horlogerie.

Les maîtrises, ainsi que les corporations ne furent abolies qu’en 1795, malgré la résistance des horlogers qui tenaient à les conserver. Mais au cours de ces deux siècles, Genève avait réussi à prendre une place prépondérante dans l’industrie horlogère et le nom de cette ville, gravé sur le mouvement d’une montre, signalait toujours celle-ci comme une pièce de qualité supérieure.

Cependant, des fabricants peu scrupuleux osèrent abuser du nom de Genève, tant par l’insculpation frauduleuse sur des montres fabriquées hors de cette localité, que par l’exploitation éhontée faite par les journaux dans un but de réclame.
geneve.png (21 Ko)
La Société des horlogers, fondée en 1873, chercha alors les moyens de remédier à cet état de choses qui n’avait que trop duré et portait un sérieux préjudice à la fabrique; malheureusement, on avait attendu bien tard pour réprimer cet abus, ce qui compliqua la tâche de ceux qui l’entreprirent.
Ils furent appuyés par tous les horlogers de la place qui avaient à coeur que le nom de Genève fût la preuve de l’authenticité des pièces et qui voulaient que l’acquéreur eût pour lui les garanties et le recours déterminés par une loi.

Les efforts et les démarches des horlogers genevois aboutirent à l’adoption par le Grand Conseil, le 6 novembre 1886, d’une loi qui fut remaniée en 1891, en 1931 et en 1955 dont

les grandes lignes sont :

  • Les montres présentées au bureau de contrôle doivent l’être par des fabricants établis à Genève et dont l’assemblage, le réglage et l’emboîtage aura été exécuté dans le canton de Genève.
  • Les fournitures acier doivent avoir les angles polis, les flancs étirés, les faces visibles adoucies, les têtes de vis doivent être polies ou cerclées (pourtour et fente anglés).
  • Tout mouvement doit être pourvu de pierre en rubis avec des trous polis, au rouage et à l’échappement.
  • Côté pont, les pierres doivent être mi-glace et les moulures polies.
  • Le spiral doit être fixé par une plaque à coulisse avec piton à tête et col rond.
  • Les roues de finissage doivent être anglées dessus et dessous et avoir des moulures polies.
  • Les tigerons et les faces des pignons doivent être polis.
  • La roue d’échappement doit être légère, son épaisseur ne dépassant pas 0,16 mm pour les grandes pièces et 0,13 mm pour celles en dessous de 18 mm, ses repos doivent être polis.
  • La limitation de l’angle parcouru par l’ancre doit se faire contre deux butées fixes à l’exclusion de goupilles ou de plots.
  • Les ressorts fils ne sont pas admis.

À propos de ach06

Directeur d'Atelier Central d'Horlogerie à Nice.